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vendredi 22 décembre 2017
La souris, l'eunuque, le cerisier et accessoirement la taupe : une histoire de chauves!
Une souris chauve buvait le thé sous le cerisier pleureur
lorsque l'eunuque chauve sourit en passant près d'elle…
- Une armée de dents plus brillantes que deux crânes nus -
Le cerisier releva légèrement ses branches
& rougit à la place de la souris car en plus de manquer de poil
celle-ci manquait également d'œil…
C'est donc l'histoire d'une souris à qui on voyait le caillou
mais qui, elle, ne voyait rien ! Mais alors rien de rien!
Même pas plus loin que le bout de son museau!
Quant à l'eunuque, quelque chose aussi lui faisait défaut
Quelque chose qui, dirons-nous, ne se remarque pas à première vue
- Une chance pour lui de rencontrer une souris myope comme une taupe -
Il était comme un arbre sans cerise, un cerisier sans fruit
(Faites-moi penser plus tard à vous conter les aventures de cette taupe
myope comme une souris)
C'est ainsi que l'arbre eunuque vint doucement s'asseoir près de la souris
partager une tasse de thé qui avait goût de larme
les larmes du cerisier…
Et si, hélas, vous ne comprenez pas tout ça
Répétez-vous cela :
"Ceci n'est pas une pipe"
Juste une histoire de chauve tirée par les cheveux!
2008
L'Homme Songe
L'Ange à barbe de plumes
se moque bien de la pluie
&
du soleil mourant
sur la toile des Maîtres
Lui
coupe coud
à tout va
des ventres nébuleux
avec des ciseaux siffleurs
Mais l'Aile au fil du temps
a perdu son accent
quand ce temps-là
gagnait en longueur
C'est une histoire d'hirondelle
&
de belle tissure
Vers la tige que l'eau dévale
Je t'attendrai…
Serre-moi jusqu'à nous fondre
Renverse-nous à confondre
Enfer & Ciel
L'Homme descend du Songe
La Nuit sait toutes ses vérités
Bien plus de 4
face à la Lune
Par-ci par-là
les papetiers
vendent encore de ces bouts d'Elle
enchanteurs
enchantés
Alors tout au bas de ma page
s'envole son corps beau
Nous sommes Plumes
Perpétuelles
puisque nos encres
l'une vers l'autre
coulent sans cesse
2008
jeudi 21 décembre 2017
Muse Fantôme
(En collaboration avec Lucy Dayrone)
C'est parée de sa peau qu'on me voit parader
à petit pas de chat vers le plus grand palais
où pleurent les miroirs d'eau et tous les peupliers
Tandis qu'une clepsydre avide de temps
mais vide de sens compte & raconte…J'attends
Je farde tantôt rouge tantôt noir parfois blanc
Son étreinte me gaine d'un corset d'amour fol
qu'elle se plait à lacer de ses lèvres cabrioles
sous la pluie panachant de perles nos paroles
Soupirs caresses croisés…Mord le nœud puis s'efface!
Alors grandit en moi ANNI-HI-LA-TION
la remise à zéro de mes sens sans raison
qui fait un gouffre de ses disparitions
Séparée de sa peau voici la nuit tomber
mais je sais tant sa chevelure toute emmêlée
de rires de vents d'ouest et d'alpestres nuées
Qu'elle me cortège jusqu'à l'antre du Songe
Là où l'orée des fables sans cesse s'allonge
Là où sommeillent les faunes repus d'oronges
Soupirs caresses croisés…Mord le nœud puis s'efface!
Nous chevauchons licornes aux robes de lis
Phœnix resurrecteurs et autres Apophis
Masques flambants rémiges cardinalices
L'aube réinvente la douceur de ses mains
Des jupons à traîne tous tendresse et satin
qui me frôlent ou m'enjôlent à dessein
Un mot créé de toute lettre chuchote-t-elle
unissant à mes doigts ses doigts aquar'ailes
que ceignent deux anneaux devant l'Ethernel
Soupirs caresses croisés…Mord le nœud puis s'efface!
J'embrasse une dernière fois son visage
et déjà le jour aux tristes arrimages
fait d'elle le plus déchirant des mirages
Elle s'estompe peu à peu je maudis le soleil
toutes ces heures de trop assassines veilles
où les scènes se succèdent à jamais pareilles
Alors l'Espoir se meut en plénitude
car Muse donne un Ballet Infinitude
au Grand Théâtre de ma Solitude…
2008
C'est parée de sa peau qu'on me voit parader
à petit pas de chat vers le plus grand palais
où pleurent les miroirs d'eau et tous les peupliers
Tandis qu'une clepsydre avide de temps
mais vide de sens compte & raconte…J'attends
Je farde tantôt rouge tantôt noir parfois blanc
Son étreinte me gaine d'un corset d'amour fol
qu'elle se plait à lacer de ses lèvres cabrioles
sous la pluie panachant de perles nos paroles
Soupirs caresses croisés…Mord le nœud puis s'efface!
Alors grandit en moi ANNI-HI-LA-TION
la remise à zéro de mes sens sans raison
qui fait un gouffre de ses disparitions
Séparée de sa peau voici la nuit tomber
mais je sais tant sa chevelure toute emmêlée
de rires de vents d'ouest et d'alpestres nuées
Qu'elle me cortège jusqu'à l'antre du Songe
Là où l'orée des fables sans cesse s'allonge
Là où sommeillent les faunes repus d'oronges
Soupirs caresses croisés…Mord le nœud puis s'efface!
Nous chevauchons licornes aux robes de lis
Phœnix resurrecteurs et autres Apophis
Masques flambants rémiges cardinalices
L'aube réinvente la douceur de ses mains
Des jupons à traîne tous tendresse et satin
qui me frôlent ou m'enjôlent à dessein
Un mot créé de toute lettre chuchote-t-elle
unissant à mes doigts ses doigts aquar'ailes
que ceignent deux anneaux devant l'Ethernel
Soupirs caresses croisés…Mord le nœud puis s'efface!
J'embrasse une dernière fois son visage
et déjà le jour aux tristes arrimages
fait d'elle le plus déchirant des mirages
Elle s'estompe peu à peu je maudis le soleil
toutes ces heures de trop assassines veilles
où les scènes se succèdent à jamais pareilles
Alors l'Espoir se meut en plénitude
car Muse donne un Ballet Infinitude
au Grand Théâtre de ma Solitude…
2008
Le dernier chant
Elle a versé ses dernières larmes
la Saison 3 des Couturiers
tandis qu'à l'autre bout du rêve
la reine niait funeste sort
en détissant la toile
On nous dira
c'est démodé
des mots d'aimer des mots d'amant
des maux d'âme en 2 cœurs aimants
des mots d'avant
c'est démodé
Parce qu'il faut oublier
cet il y a de trop
et brancher nos modems
en pile otage automate tic
Alerte! Alerte!
Cheval de Troie!
Vie russe et vodka tagada
KamaSutra de poche
Welcome & strip en ligne
Webcam isole en clic
Voyelle consomme voyelle
Alerte ! Alerte !
Cheval de Troie!
Image…Icône…Ithaque
Pénélope pleure 4 jambes, 4 mains, 4 yeux
contre dieux & démons
Car l'Ode ici c'est l'Odyssée
L'attente s'ajoute, le temps se joue, l'amour se joute
au fil de la quenouille
Envoyer donc valser Scylla, Circé
et le lipstick de Calypso !
dans les troublantes eaux
Chaque vague ramène vers la douce rive reine
Je me rappelle…
Icare…Idole…Ibis
Les océans n'ont pas assez de houle
pour drosser loin de l'espérance
sa fascinante essence
J'entends encore le dernier Chant
le dernier Chant…
2008
Au commencement
Au commencement, c’est un quai.
Un quai trop droit où je tourne en rond.
C’est au compte-gouttes que le sablier y délivre ses grains.
« Deus ex machina » enrayée, gorge enrouée.
Au commencement, j’attends.
Cette attente, c’est une main trop droite que je passe dans des cheveux trop fous.
Lui plairai-je encore comme au premier…quai ?
D’un œil trop maquillé, je scrute un horizon de rails.
Des rails, rien que des rails et des caténaires fantassins qui quadrillent un ciel trop blanc.
Je crois bien que je maudis les gares autant que je les aime.
Quels seront mes premiers mots ? Mon premier geste ? Dois-je d’abord sourire ? Ou bien l’enlacer ? Lui dire qu’elle est chaque fois au-delà de mes espérances ? Non, il faudrait du beau, de l’exceptionnel ! Parfait reflet de mon émoi ! Un jour, promis, je me jetterai à l’eau et je l’accueillerai, un poème à la lèvre ! Mais pourrai-je, ce jour-là, faire taire le volcan qui me sert de corps et lui déclarer, comme il se doit, ma flamme ?
Sur ce quai trop droit, je pense trop.
J’ai le cœur trop jeune, l’âme trop vieille.
Je déraille un peu, beaucoup, à la folie…
Je suis tout l’monde, je n’ suis personne et dans cette confusion extra-sensorielle, j’attends ma condition sine qua non.
Alors, la tête du dragon traverse le brouillard.
Ça y est ! Nous y sommes !
Je regarde ce dragon étirer son corps trop long.
J’essaie de reprendre mon souffle malgré l’attente, malgré le bruit, malgré la foule mais ce tout ce temps passé sans elle, m’a trop asphyxiée. Mais tout ce temps passé sans elle est une Absurdité !
Au commencement, j’avance toujours dans le mauvais sens. Désolée, ce n’est pas que je fasse exprès. J’ai trop tourné en rond, j’ai trop attendu, j’ai trop pensé ! J’ai la boussole en pièces.
Demi-tour. Tout droit.
Je perce ma bulle et touche enfin du regard son unique silhouette.
C’est elle qui me sourit.
Que faire de tout ce cœur qui cogne là comme un aliéné à la porte de sa cellule ? J’voudrais l’arracher de ces chairs, l’affranchir, le jeter à ses pieds !
« Recevez, Ma Dame, cette fleur de sang, impérissable, en gage de ma passion »
Un jour, promis, je le ferai.
En attendant, sans trop réaliser, je la serre dans mes bras, avec toute la maladresse d’un amour de 15 ans.
Je meurs !
Voilà le commencement.
2008
Un quai trop droit où je tourne en rond.
C’est au compte-gouttes que le sablier y délivre ses grains.
« Deus ex machina » enrayée, gorge enrouée.
Au commencement, j’attends.
Cette attente, c’est une main trop droite que je passe dans des cheveux trop fous.
Lui plairai-je encore comme au premier…quai ?
D’un œil trop maquillé, je scrute un horizon de rails.
Des rails, rien que des rails et des caténaires fantassins qui quadrillent un ciel trop blanc.
Je crois bien que je maudis les gares autant que je les aime.
Quels seront mes premiers mots ? Mon premier geste ? Dois-je d’abord sourire ? Ou bien l’enlacer ? Lui dire qu’elle est chaque fois au-delà de mes espérances ? Non, il faudrait du beau, de l’exceptionnel ! Parfait reflet de mon émoi ! Un jour, promis, je me jetterai à l’eau et je l’accueillerai, un poème à la lèvre ! Mais pourrai-je, ce jour-là, faire taire le volcan qui me sert de corps et lui déclarer, comme il se doit, ma flamme ?
Sur ce quai trop droit, je pense trop.
J’ai le cœur trop jeune, l’âme trop vieille.
Je déraille un peu, beaucoup, à la folie…
Je suis tout l’monde, je n’ suis personne et dans cette confusion extra-sensorielle, j’attends ma condition sine qua non.
Alors, la tête du dragon traverse le brouillard.
Ça y est ! Nous y sommes !
Je regarde ce dragon étirer son corps trop long.
J’essaie de reprendre mon souffle malgré l’attente, malgré le bruit, malgré la foule mais ce tout ce temps passé sans elle, m’a trop asphyxiée. Mais tout ce temps passé sans elle est une Absurdité !
Au commencement, j’avance toujours dans le mauvais sens. Désolée, ce n’est pas que je fasse exprès. J’ai trop tourné en rond, j’ai trop attendu, j’ai trop pensé ! J’ai la boussole en pièces.
Demi-tour. Tout droit.
Je perce ma bulle et touche enfin du regard son unique silhouette.
C’est elle qui me sourit.
Que faire de tout ce cœur qui cogne là comme un aliéné à la porte de sa cellule ? J’voudrais l’arracher de ces chairs, l’affranchir, le jeter à ses pieds !
« Recevez, Ma Dame, cette fleur de sang, impérissable, en gage de ma passion »
Un jour, promis, je le ferai.
En attendant, sans trop réaliser, je la serre dans mes bras, avec toute la maladresse d’un amour de 15 ans.
Je meurs !
Voilà le commencement.
2008
C'est une belle journée
C’est une belle journée que jouent la pluie et tout l’orchestre
sous le blanc kiosque au fond du parc
Au fond du parc sous le blanc kiosque
vos doigts repoussent avec tendresse
les mèches bien impolies qui cachent mon visage
La pluie chante tout doux mais rien n’est plus suave
que votre lèvre posée là sur ma lèvre
La langue pénètre l’orbe comme une perle d’eau
et je crois boire à la gorge du ciel
Tellement fragile
Je tremble d’abîmer l’instant
Tellement troublant
Oh dîtes, embrassez-moi encore ! Embrassez-moi toujours !
jusqu’à l’heure fatidique où il faudra partir
et remettre à demain cet amour que je veux faire avec vous
Sous le blanc kiosque au fond du parc
Au fond du parc sous le blanc kiosque
Vous attirez mon corps vous attisez mes chairs
vous aguichez mes sens vous aiguisez ma faim
Je sens mes dents pousser avec ivresse
Cachez, je vous en prie, ces charmes
à me couper le souffle, à vous couper les veines
C’est presque inhumain de vous aimer à ce point !
sous le blanc kiosque au fond du parc
Au fond du parc sous le blanc kiosque
Je lutte de tout mon être
mais les boutons que vous défaites
signent déjà l’exquise défaite
Mes mains, ma bouche courent sur vous !
Oh dîtes, embrassez-moi encore ! Embrassez-moi toujours !
jusqu’à l’heure fatidique où il faudra partir
et remettre à demain cet amour que je veux faire avec vous
2008
LE MOT
A son poignet décroît une
Lune puis une autre
Lune toutes deux à demi
Ça ne fait qu’une et même
Lune et pourtant chacune
D’entre elles garde le MOT
Le plus long de tous
Les mots le plus ancien
Rien qu’en neuf
Lettres
Bien au-delà des dunes
Quand l’âme invincible
D’une main invisible
Allume le ciel
Eteint le jour
Rien que pour Elles
Et Pan dort tout autour
De l’une puis de l’autre
Lune & Pandore
Ouvre la boîte
Scellée d’un pentacle
C’est alors qu’une à une
Les neuf lettres s’envolent
Bien au-delà du Val
Bien au-delà des dunes
Quand les âmes enlacées
Allument le ciel
Eteignent le jour
S’il nous est donné une
Lune peut-être deux
Mais chacune pleine
Du douloureux émoi
Je déferai sa noble coiffe
Ode aux sous bois
Et sur le sable retrouvé
Je renaîtrai écume
Je revivrai pour Elle
Un à un tous les contes
A rebours
Une à une
Les légendes d’amour
Ce qui s’écrit à la plume
Sur le vélin du temps
2008
Elle était une fois
Là tout au fond du sac
la Fée de verre vêtue
fétu de vert
fait une prière
toute en Idem
Une deux trois lettres
La fée s’est endormie
La feuille aussi
Coraline l’étoile
Carminée sa bouche
Pourpre nos joues
lorsque s’engouffrent nos souffles
dans nos cheveux jusqu’à nos cous
Vois je respire !
Je LA respire
Infime Abîme Cime
En vie !
Et je perds tête et je perds pied
Je l’entends rire
Je l’entends dire
des mots magiques
Mots magnétiques
Mots magmatiques
Des mots que nulle autre
jamais ne me dira
Des mots que je veux voir danser
sur ses lèvres seulement
Seulement…
Des mots ! Des mots ! Des mots !
Peu à peu
Face à face
Tête à tête
Corps à corps
Bouche à bouche
Des mots ! Des mots ! Des mots !
« Il crisse, ce beau cristal mélodieux
De ma peau à sa fragile matière… »(1)
Je LA respire comme on respire
la Vie !
Vers, veines gorgées de pluie
Le parfum se fait note
La note devient goût
Le goût caresse
Caresse vision
Enchanteresse
Elle a les yeux plus clairs que l’eau qui tombe
Elle a les yeux plus clairs que l’eau qui bourde
Cor petit tambour
Chair bambou
Des ronds à la surface
Dix mille bulles éclatent
Et la vie transe et la vie trace
à la craie noire
nos cils houlettes
L’envie balance, balance
nos corps pas assez nus
Balance encore !
Toucher le ciel puis disparaître
Bouche à bouche
Corps à corps
Tête à tête
Face à face
Peu à peu
comme s’efface
la silhouette du jour
sous les tapis verts, jaunes et rouges
d’un automne troubadour
2008
(1) "Valse Nocturne" Lucy Dayrone
Trois petits tours
6h32
Il n'est plus que trois tours de cadran et quelques pas entre nous.
Pourtant je n'ose y croire.
J'ai tant appris à t'aimer dans l'absence du corps que ce jour me semble un rêve. De ceux que je fais chaque nuit depuis des milliers de tours de cadran.
Dans l'absence du corps, j'ai tant écrit! Me rappeler chaque millième de seconde entre tes bras, chaque millimètre de ta peau…
J'écris pour t'attendre sans une lame à portée de veines. Je t'attends pour t'écrire encore bien des poèmes fous pour le restant de nos tours de cadran.
Je suis quai, arrêt de bus, station de métro, parking, parvis, couloir, porte, plage, manège, lit, bougie, billard, plume, arbre, feuille, ciel, nuage, caillou, étoile, miroir, verre, page, chanson, crêpe, crayon, ancre, confessionnal, vitrail, gâteau, marche, escalier, cloche, gargouille, lac, pierre, corbeau, pétale, cigarette, fenêtre, écran, boîte…
Je suis tout ce que les autres ne verront jamais comme nous, nous le voyons. Tu m'as extirpé des rangs de l'humanité, tu m'as rendu à la Nature et c'est dans cet état de métamorphoses perpétuel que je t'aime sans jamais faiblir.
17h00
Il n'est plus que trois tours de cadran et quelques pas entre nous.
Je redeviens l'Enfant qui attend le matin de Noël, les yeux écarquillés, le corps sautillant et qui n'ose y croire pourtant.
17h05
J'attends…
17h06
J'écris
17h07
Je…
2008
Il n'est plus que trois tours de cadran et quelques pas entre nous.
Pourtant je n'ose y croire.
J'ai tant appris à t'aimer dans l'absence du corps que ce jour me semble un rêve. De ceux que je fais chaque nuit depuis des milliers de tours de cadran.
Dans l'absence du corps, j'ai tant écrit! Me rappeler chaque millième de seconde entre tes bras, chaque millimètre de ta peau…
J'écris pour t'attendre sans une lame à portée de veines. Je t'attends pour t'écrire encore bien des poèmes fous pour le restant de nos tours de cadran.
Je suis quai, arrêt de bus, station de métro, parking, parvis, couloir, porte, plage, manège, lit, bougie, billard, plume, arbre, feuille, ciel, nuage, caillou, étoile, miroir, verre, page, chanson, crêpe, crayon, ancre, confessionnal, vitrail, gâteau, marche, escalier, cloche, gargouille, lac, pierre, corbeau, pétale, cigarette, fenêtre, écran, boîte…
Je suis tout ce que les autres ne verront jamais comme nous, nous le voyons. Tu m'as extirpé des rangs de l'humanité, tu m'as rendu à la Nature et c'est dans cet état de métamorphoses perpétuel que je t'aime sans jamais faiblir.
17h00
Il n'est plus que trois tours de cadran et quelques pas entre nous.
Je redeviens l'Enfant qui attend le matin de Noël, les yeux écarquillés, le corps sautillant et qui n'ose y croire pourtant.
17h05
J'attends…
17h06
J'écris
17h07
Je…
2008
Astro'Lab
Les preneurs d'étoiles ont des visages de cuivre lorsqu'ils sillonnent les mers de nuage, à bord d'étranges volateurs dont les élytres de bois, monotones, stridulent.
Les preneurs d'étoiles portent de biens curieux noms, échos des abîmes qui les ont dévorés et qui ont laissé légions de cicatrices sur leurs peaux brunies.
Les preneurs d'étoiles, même en fermant les yeux, voient encore des monstres à trois têtes, des crânes balançant comme des pommes sous la branche et la pâleur irradiante d'un sein de Bacchante.
Les preneurs d'étoiles ont le cœur vide d'avoir trop cherché jusqu'aux "Tristesses de la Lune", le si cher reflet…
Les preneurs d'étoiles cachent d'obscurs parchemins scellés avec leur sang dans leurs bottes à chaudron. Ils ont aussi dans leur barda, des plumes qui chantent, des encriers de jade, des lunettes de Galilée, des gyroscopes gravés de symboles latins, hébreux, égyptiens, arabes, chinois! Et des cartes qu'on peut dérouler à l'infini!
Les preneurs d’étoiles souvent se perdent au large en quête d’horizons un peu plus neufs, un peu plus longs. Ils ont le cœur comme des détroits et l’appétit d’une famille d’ogres. Plus tard on trouve leurs os éparpillés sur des plages sans homme ; leurs os blanchis par trop de sel, trop de soleil ; leurs os plantés dans le sable. Ce sont des runes sans lettre, des couteaux de Rahan.
On conte leurs aventures, le soir au coin du feu, à des gamins qui roulent des billes tels des lapins en fuite. Puis un jour, à leur tour, ces enfants deviennent ces preneurs d'étoiles.
2008
Octobre 007
D'une étincelle mourant sous les grisailles humanoïdes
Elle fait la Flamme, Or virginal.
Loin des sectes xylophages,
ses yeux, détenteurs des torches,
ne connaissent pour bûcher que mon désir.
Et d'un vers de laudanum
sa voix s'incite en mes axones
28 fois trop romantiques
Si la vie réclame un épilogue
Que feront nos songes sans-culottes
de ces corps centrifuges
toujours là à la traîne des comètes
comme des boulets de Cayenne?
Vas-y fais pleurer les étoiles!
Je meurs de soif…
La poésie est une hôtesse de bar montant
Le ciel comme un orgasme se décompose en strates
Comme j'aimerais dîner au chant d'Elle
d'un cœur sous cloche et d'un rouge
sang
que la lune décanterait
mais Octobre n'en finit pas!
Octobre et ses cadavres chlorophylliens
Octobre et ses soleils amputés
Octobre à l'ombre des Faux Zola
N'y a-t-il donc pas un Nemo pour capturer la pieuvre?
Sais-tu ce qu'est le ciel?
Rien de plus ni de moins qu'une eau renversée
Un 6-9 que les fard bleus et les écumes volantes trahissent
Et pourtant mes racines rêvent ce Très Haut
Alors je tire ma flèche…
J'attends Novembre
2008
La fable d'émeraude
Chez le marchand de ciel, ‘y a des idées au gramme, des fables d’émeraude et des étoiles foraines.
Chez le marchand de ciel, ‘y a des sacs de bulles, des nymphes acidulées, des rêves à s’y brûler…les ailes…Lys d’orage, souvenir de vagues, boussoles en chocolat.
Chez le marchand de ciel, on croise parfois le marchand de sable, qui traine sous ses yeux, de grandes valises bleues. Ça ne dort pas un marchand de sable, pas plus qu’un marchand de ciel. Ça va nus pieds fouler l’azur, les dunes et enlacer la mer.
Chez le marchand de sable, ‘y a des écrins de peau enfouis, des horloges funambules, des cheveux pleins de vent.
Chez le marchand de sable, ‘y a des cercles d’argent, des cloches volantes et des wagons de clowns.
Chez le marchand de sable, vient souvent une reine précédée d’un si…ça ne dort pas une reine précédée d’un si. Ça cherche encore le chemin de novembre, même au cœur du printemps. Et puis ça chante des histoires de poupée rousse en dévorant l’écume.
Chez une reine précédée d’un si ou chez un si suivi d’une reine, les plus tristes écueils gémissent sous d’albes lunes en espérant vos charmes.
Chez une reine précédée d’un si ou chez un si suivi d’une reine, ‘y a des miroirs d’océan, des fontaines lumineuses et d’immenses jardins où fleurissent nos reflets à jamais fondus.
2008
Impromptu n°10
Lucy ferme les yeux, s’endort
là où mon corps n’est pas
mais tout un rêve fait de nuages
de ruisseaux mauves chuchoteurs
de pluies de sable et de langueurs
chaque fois l’emportent jusqu’à moi
Chandelle est morte…Ouvrez ces âmes !
Lucy ferme les yeux, s’endort
loin du gris monde grand dévoreur
et moi là où son corps n’est pas
je compte moutons faits de nuages
jours de chagrin qui nous séparent
le cœur à vide, le cœur…Allô ?
Chandelle est morte…Ouvrez ces âmes !
Lucy ferme les yeux, s’endort
Il fut dix nuits pour nos deux corps
L’un contre l’autre comme s’est peu !
Lorsqu’on s’attend depuis la nuit
la nuit des temps
Dix nuits à se dire immortelles
et toutes les autres pour se rappeler…
Combien mon souffle dans ses cheveux
aimait jouer les impromptus !
Combien ses ongles dans mon dos
savaient me faire perdre raison !
Lucy ferme les yeux, s’endort
& Utopya jaillit de l’Ombre…
2008
E=Nc2 ou la définition de l'Infini Sable
Imaginer juste.
Alors ce que diront les mots sera "pour de vrai". Imaginer juste. Donner la vie. Une vie haute comme ça! Haute comme trois, trente, trois cents pommes! Une vie haute en couleur! Se prendre pour dieu. Avoir le crâne fécond. Rien que pour une page si dieu est un paresseux si concis, aimant jouer un peu trop à l'ego. Rien que pour mille feuilles si l'œil de dieu dépasse sa panse élastique.
Il existe un endroit qui se voudrait davantage un non lieu parce que nul homme n'en a jamais délimité les frontières. Ni l'homme, ni le bras droit de dieu (sa main gauche étant trop occupée à dompter les flammes! Enfin c'est ce qu'on dit depuis l'aube des temps mais je me méfie de l'aube : elle a vite fait de refaire le monde en deux trois coups de crayon bleu sans rien demander à personne). Un endroit à l'envers du jour terre à terre, un endroit allant vers toi, un endroit tout en courbes…un lieu dit ou non…d'asile…L'Origine de Nous. Mais comme tu n'as pas plus que moi l'âme géomètre ou horlogère, cet endroit pourrait être n'importe où et bien plus vaste que l'idée même de dieu
La matière y est en perpétuelle transformation. Les particules du cirrostratus nebulosus, par exemple, sous une forte pression chimérique, se changent fréquemment en rhytidome de selennium silva (plus connu sous le nom d'arbre à lunes). On ne sait jamais si l'eau tombe du ciel ou si c'est le ciel qui tombe de l'eau. Si le fait d'ouvrir les yeux est un mensonge ou si celui de les fermer constitue en lui-même la plus belle approche de la réalité…
On peut croquer le fruit de l'imagination. Il est tout aussi vrai qu'une, deux, trois, trente, trois cents pommes! Personne n'a osé remettre en doute après tout l'existence des Hespérides, de leur jardin sacré ou encore de leur pommier en or (il aurait fallu pourtant s'interroger sur la nécessité d'une pomme en métal ainsi que sur les techniques odontologiques de l'époque…)
Imaginer juste.
Je pense le poème mais c'est lui qui m'anime. Je t'écris et tu pénètres en moi à flots. Je ne suis plus qu'une fenêtre consentante ou un réseau de veines off! Et je finis par devenir ce poème, cet endroit, ce non lieu, qui voudraient à leur tour t'absorber.
Les plus savants ou les plus découragés parleront de théorie du chaos en ce qui nous concerne, peut-être même de mécanique céleste…Seul le chaos connaît sa véritable essence. Comment expliquer avec toutes leurs équations pleines d'inconnues que mon je + moi + ça = ça + toi + tu ? Toutes ces mathématiques ne veulent rien dire pour Nous! L'Ordre est bien plus absurde que le Chaos!
Imaginer juste…
Que je sculpte le Songe dans la voussure de son sein
lorsque maintes et maintes liernes sillonnent la vastité
Que ma vertu faite chair ne puit alors que flamber
sous la ferveur si romanesque de son étreinte
Qu'on érige de nos cœurs une voûte en berceau
et des nefs perlées à chaque mort plus fabuleuses
tandis que les chapelles rayonnantes se creusent
aux échos incessants de soupirs croisés d'assauts
Que s'ouvrent les baies des dernières abbatiales
Que les astres jaillissent jusqu'au plomb des vitraux
couronnant son doux front de milliers de flambeaux
inculquant à mon âme son ultime I…nitiale
Alors ce que diront les mots sera "pour de vrai"!
2008
Une souris bleue
'Y a des brumes par ici
Aussi des ponts
Neuf...pierre...soupirs
Sans importance
On y danse! On y danse!
Bois...verre...levis
Sans importance
On y danse! On y danse
Et nous perdons nos yeux
derrière le ciel
Une ronde de nuit tout autour de tes flammes
La blanche page où je t'espère tout bas
'Y a des rires par ici
Et des allées
TournYcoti! TournYcoton!
Rien qu'un manège de bois
Un happe songes
TournYcoton! TournYcoti!
Mes mains dans tes poches
J'colore le monde avec tes yeux
Une ronde de jour au milieu de décembre
La blanche page où je t'attends
'Y a du vide par ici
Du temps pour rien
Il pleut! Il pleut!
Des cordes pour pendre les fous
Des souvenirs à rendre fou
Il pleut! Il pleut!
Du soleil mourant
à mes yeux sans tes yeux
Une ronde blanche entre deux longs silences
La page de nuit où je bulle à plume de loup
2008
Ainsi que deux sylphides
Aujourd’hui, j’ai rendez-vous. Quelque part entre la 25ème heure et le 5ème point cardinal. J’ai rendez-vous avec Elle mais je tairai son nom car mes ballades fuient les jardins publics, les effets de certitude.
Point besoin de nommer pour apprivoiser : je la veux libre! Sauvage! Point besoin de nommer pour vaincre la peur : je n’ai pas peur! Je n’en ai pas le temps. Il n’y a que du désir pour tordre mon ventre, ligoter mes entrailles, exploser mon cœur!
Je m’habille mais à quoi bon ? Bientôt trop de tissus, trop de mots, trop d’air entre nous et pas assez de lunes à venir dans l’attraction des corps. Nos peaux chaudes et moites, jusque dans leurs replis les plus intimes, ne souffriront pas même un chuchotis. Je le sais, tout aussi bien que je la connais, Elle, depuis toujours, au creux de nuits où j’ai cherché sur d’autres lèvres son essence sacrée. De lapements en miaulements…à me rendre Grenouille!
Je prends le train, la transe bacchanale, la queue d’une comète pour la rejoindre. Je vais l’aimer à l’envers. Rattraper ainsi le temps perdu.
Elle m’attend. Là-bas. Sous l’Arbre. Oui, elle m’attend.
Elle a dans les cheveux mille cerfs-volants, cracheurs de flammes. Des cendres, des eaux, je ne suis plus que cela. Et je bats la mesure allegro con fueco! Comme si mon sexe était un cœur, mon cœur une tête, ma tête un ciel saturé d’éclairs!
J’avance vers Elle.
Où poser mes yeux ? Près des siens ? De cette nuque ? De ce sourire ? De ces seins que l’ombre de mes doigts déjà extirpe au textile enjôleur ?
Entre mes cuisses, éros verse un larme. Je tremble.
Elle se presse tout contre moi. D’une main sur ses charmes callipyges, je l’étreins encore davantage et mordille son cou.
Je cède à son parfum. J’oublie. Je tourbillonne. Elle plante son étrange baiser, cette violente douceur.
Elle m’a drôlement manqué.
Trop de jours à imaginer mon souffle au cœur de ses vallées mais pas assez de lunes à bénir dans l’attraction des chairs.
Je la sens frissonner, vaciller à son tour. Alors mon autre main se couche sur sa rose épineuse.
Les seins durcissent. Les ventres ont faim. Il faut dénuder, cueillir les fruits mûrs. Par où pécher ? A portée de sens, mille gourmandises! La maison de pain d’épice, les pommes d’or, les Noces de Cana, les merveilles d’Alice…
La Nature nous appelle, épelle nos prénoms en abracadabras presque obscènes. Les racines s’emmêlent, les hélices fondent comme nuages de lait.
Je descends les sentiers blancs que l’envie empourpre vers l’alcôve humide.
J’approche ma bouche…
Sous ma papille ombelle coule l’Ambroise hydrante
qu’en ta baie zéolithe ma langue scolopendre
vient glaner toute avide et curieuse des sismiques
tressauts qui s’emparent de tes reins botaniques
Je lampe à petits coups puis pénètre cette ombre
- nageuse d’ébats, maîtresse de soie rhizome -
de mes phalanges liquoristes en binôme
faiseuse de mots à hic et d’ors gironds
Ainsi ton dernier cri suspend ma douce ellipse
sur l’écueil turgescent dans ses franges d’écume
Ma langue se retire pour que la sorgue exhume
de ses chairs noircies tes astres vers libristes
Une larme épilogue et mes lèvres se pagent
à l’aréole de ton sein opaline
susurrant encor’ d’alliciants badinages
loin du jour sicaire aube à crinoline
2008
Le boudoir de Sarah
Le temps d'une bouderie
mes doigts d'un jeu fugace
l'étroit corset délacent
en chartre de soie-nuit
Jaillit le sein si rond
que ma bouche affamée
vient brusquement super
rêvant déjà de son giron
Tout de guipures de dentelles
abri de mes lubies d'amant
île aux trésors si moites et blancs
bordés de tendres jarretelles
J'y mène une main dégantée
cueilleuse de petits fruits acides
aux peaux de pêche parfois timides
mais qui succombent à mon toucher
Sur un divan rubis-lubrique
la libellule cligne des ailes
et sa vertu ainsi chancelle
dans un vertige de belle métrique
2008
mes doigts d'un jeu fugace
l'étroit corset délacent
en chartre de soie-nuit
Jaillit le sein si rond
que ma bouche affamée
vient brusquement super
rêvant déjà de son giron
Tout de guipures de dentelles
abri de mes lubies d'amant
île aux trésors si moites et blancs
bordés de tendres jarretelles
J'y mène une main dégantée
cueilleuse de petits fruits acides
aux peaux de pêche parfois timides
mais qui succombent à mon toucher
Sur un divan rubis-lubrique
la libellule cligne des ailes
et sa vertu ainsi chancelle
dans un vertige de belle métrique
2008
Page blanche
Je suis Noire
Noire de Fard
et j'entre dans le Monde
qui fait la peau
gardienne
l'écran total
Ce qui sied le mieux
pour le jour du bal
Je suis Noire
Noire d'Etoffe
et l'œil file comme le pas
un train d'enfer
à grande vie test
quand il manque
sa beauté
scripturaire
Je suis Noire
Noire de Lune
et aux abords du chemin
long si long
je m'accroche
[triple sceau
de l'amor]
à ses cheveux
fantomatiques
Je suis Noire
Noire d'Encre
et je peins l'Arche
aux sept voussures
sur des tissus
de légendes
Je suis Noire
Noire de Caillou
et je traîne l'ennui
de virgule en chut
libre !?!
Je tourne
Je perds
J'attends
Le petit pou c'est
Moi
Je suis Noire
Noire de Toi
2008
Qui sait...
Une autre nuit qui sait…
Faire de ton corps
ma strate à gemme
comme avant
comme le vent
Ciseler le vers ou le velours
J'ai la constance de l'Ethernel
et l'espérance de mille pieux
Je t'ai rêvée des lunes pleines
sur des cirrus amoureux
Qu'importe si la Terre ne comprend pas
Que j'ai du Ciel dans les veines
et le goût du secret
sous mes grimages de jais
Puisque tu sais tout ça
Toi
simplement
d'un motus ou d'un mot
de trois points suspendus
à nos mêmes royaumes
Puisque je te devine
Moi
dans les nuits les plus blanches
quand les dieux perdent ici
la tutelle et la tête
en mémoire de tes hanches
Une autre nuit qui sait…
Plutôt dite que lue
Le fanal pèsera davantage que l'or
sous le mât chancelant
d'un vieux cirque de rue
Comme hier
comme le lierre
dénouer la corde ou la serrer
2008
Aux premières gelées
L'eau tonne en cascade
qui tombe à l'automne
-effets pourpres de l'arbre-
Et mon cœur, et les feuilles
mises à feu, mis à nu
entonnent ensemble
l'air bien connu
parce qu'espéré
quellement
cet air à croire
aux belles histoires
-longue marche arrière-saison-
Je l'imagine
sous toutes les coutures
même les plus hautes
parée de mille feux
vêtue de gelée noire
Chaque filin du ciel
s'enroule à mon souffle
pour dessiner sa grâce
-échappées de temps perdu-
Tout est délice sans nom
mémoire de l'eau
au bord du timbre
et le jour fait peau neuve
Il y a de l'heur sur nos visages
des silences
qui se passent de mots
quand le corps tremble
sans désemparer
-balbutiements des âmes-
2008
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