Voici que tombent à ma porte
toutes les larmes de l'automne
Rouges comme des soleils morts
qui dans le fond des horizons
flottent - flottent encore
Tristan fantômes
en espérant leur chère aimante
leur belle amiante
Vois! L'eau rage!
L'entends-tu
cogner les toits?
griffer le bois
de nos volets?
Ecoute un peu
son vieil ami
Le vent pirate
sabrer des arbres les bras nus
Et l'ombre danse
autour des ans
C'est le crochet du Capitaine
qui voudrait tant
plonger son fer
dans nos cœurs d'encre
et de romance
Ce jour Novembre
a la couleur des peines
Celle qui revêt
Sépulcres, stèles
et les épaves assoupies
au cimetière des baleines
Et dire qu'antan
il était d'ambre
il était nôtre
Notre novembre
Te souviens-tu
comme il chantait
ta chevelure?
Toutes ces fables d'émeraude
qui peuplent encore tes yeux
MON ANGE
T'en souviens-tu?
De ces légions noires de soleils
qui ont bercé nos corps
dans leurs dentelles?
Et du velours du vin
sur nos langues enlacées?
Je n'oublie rien
NON
je sais
le nombre de marches
qui nous séparent du ciel
l'abîme sous mes pas
au tout premier baiser
et tout ce sable
à ne plus savoir qu'en faire
quand tu n'es plus là
pour conter...
Je sais
le flacon et la fée
les rose saumon
les bambous funambules
et les tours
qu'il faut attendre
des pendules
Je sais
mon Ethernité
autour de ton poignet
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